L’église Saint-Martin

La décision de construire un nouvel édifice religieux remonte au 11 août 1824 ; la population locale ayant doublé depuis la guerre de 30 ans. L’église-mère Saint-Martin ne suffisait plus, de plus elle était trop éloignée (1 kilomètre), et était une source d’inconvénients en cas d’intempéries (surtout l’hiver) et une entrave au principe sacro-saint de l’église au milieu du village.

Antoine Vogelweid, huissier à FERRETTE, qui faisait alors ses premières expériences en matière de construction, vint offrir ses services pour lever les difficultés et diriger avec un empressement louable et désintéressé les démarches pour obtenir l’autorisation de bâtir. Il fallait évidemment réunir l’argent nécessaire pour couvrir les frais de construction se montant à la somme de 47.645,89 francs.

Les trois premières ventes de bois ont produit 28.340 francs. Le 15 décembre 1827, le conseil municipal demande l’autorisation d’employer deux cents chênes supplémentaires pour l’achèvement de l’église. La vente produit seulement 13.000 francs.
Entre temps le projet fut adjugé le 3 août 1826 à Altkirch, à Antoine Xavier Desgrandchamps, notaire à FERRETTE, sous le cautionnement et avec l’association de Jean Keigerlé, maçon à Folgensbourg. Plans et devis dressés par l’architecte Wagner, avaient été vérifiés par le conseil des bâtiments civils à Paris et approuvés par le ministre de l’Intérieur .

Le 21 septembre 1831, l’église est ouverte pour la première fois à la célébration du culte avec un retard de 3 ans, 2 mois et 20 Jours.
L’église paroissiale aurait dû être parachevée au 1er septembre 1828. Elle ne le sera véritablement qu’en 1843 après de nombreux problèmes et procès.

Le mobilier présente un ensemble très homogène du début du XIXème siècle :

Statue : une statue de la vierge se trouve dans la nef à gauche. Cette vierge est en bois sculptée, elle est reconnue comme l’une des  plus belles de la région “nord-alpine”.
Elle daterait de la seconde moitié du XVème siècle, sa fine chevelure est caractéristique du gothique tardif.

Autels : ils sont en bois et sont l’œuvre du colmarien Klem et présentent une certaine homogénéité de la fin du siècle dernier.

Peintures : les peintures du plafond et du choeur sont de Louis Lichtenauer (Colmar, 1924)

Chemin de croix : il comporte exceptionnellement quinze stations, dont la dernière montre Sainte-Hélène qui présente la croix retrouvée.

Cloche : une cloche de 1553, autrefois à la chapelle Saint-Martin des Champs, maintenant à l’église paroissiale. En 1917, alors réquisitionnée par l’armée allemande pour être fondue, a trouvé la vie sauve due à son ancienneté. Sa restitution fut imminente après la première guerre mondiale.
La dernière cloche installée dans le clocher remonte à 1964.

Horloges : placée dans le clocher vers 1843, la première horloge présente déjà des signes de défaillance en 1860. Elle est trop vétuste et irréparable estiment les conseillers municipaux, qui préconisent de la faire remplacer par une nouvelle, construite suivant le système actuel, cette horloge fut mise en place en mai 1861 par Urban Adam, horloger-constructeur de COLMAR.

Elle a coûté 4000 F. Le contrat de construction avait été signé le 20 septembre 1860 et approuvé par le préfet le 28 novembre suivant. Le constructeur octroyait dix ans de garantie à partir du jour de la réception officielle de l’horloge. Celle-ci sonnera les quatre quarts et les heures, et sera composée de trois corps de rouages. On préconise aussi dans le contrat que cette horloge doit être plus grande et plus forte que celle récemment placée à HIRSINGUE, en raison de la pesanteur des cloches.

Depuis, son aiguille ponctue inlassablement les heures gaies et graves du village. Pendant plus d’un siècle, le sacristain la remontait manuellement. En 1957, deux moteurs électriques (un pour les quarts et l’autre pour les heures) installés par l’entreprise Ungler de COLMAR, ont remplacé la main de l’homme, néanmoins une surveillance permanente est nécessaire, et même des réparations ont dû être accomplies.

Les commentaires sont fermés.