L’église Saint-Matin des champs

L’ancienne église datant du XIV ème siècle, est classée monument historique. Des fouilles effectuées en 1989 et 1990 ont révélées des tombes anciennes dans la nef dont quelques unes ont été mis en valeur.

Construction

Le clocher et la nef de cette église ont été construits au XIII ème Siècle. Au XVème Siècle, les premiers remaniements ont lieu : on ajoute la sacristie, ce qui implique le percement d’une porte et la condamnation partielle de la fenêtre au dessus de cette porte. On met également en place une custode et les peintures murales sont piquetées afin d’être recouvertes d’un enduit.

D’après des actes de la fin du XVII ème Siècle, des travaux de restauration sont nécessaires. On remplace le plafond du chœur en croisée d’ogives par un plafond en plâtre sur lattes et corniches. La fenêtre au-dessus de la porte de la sacristie est entièrement bouchée ainsi que les niches du mur sud. En 1868 dernière restauration : les ouvertures vitrées du chœur et de la nef sont remplacées par des fenêtres de style néogothique à la mode du XIXème Siècle. Le Plafond est remplacé par l’actuelle voûte sur croisée d’ogives. La porte d’entrée sur le mur ouest est agrandie et munie d’un porche sur poteaux métalliques.

En automne 1989, des travaux sont entrepris pour établir un vide sanitaire et un réarrangement intérieur. C’était l’occasion pour R.SCHWEITZER de faire la première fouille archéologique depuis la construction de l’église.

Batiments anterieurs

On peut dissocier quatre phases d’aménagement de cet emplacement :

Phase 1 : Celle-ci se matérialise par les restes d’une tombe maçonnée et des reliquats de tombes en pleine terre.

Phase 2 : Petit édifice de 6,40m sur 3,4 situé du coté droit de la nef, à partir du mur derrière l’autel jusqu’à 1,50 m environ de la tombe maçonnée.

Phase 3 : Nouvel édifice ayant les mêmes dimensions et situé au même endroit que le précédent mais avec un léger changement d’orientation.

Phase 4 : La chapelle de la phase 3 est probablement affectée au rôle de chœur et agrandissement du lieu de culte.

Phase 5 : A la fin du XIII ème siècle, on démolit l’ancienne église et reconstruit au même emplacement l’édifice actuel.

D’après les éléments recueillis au cours des travaux, c’est dès le VII ème siècle qu’un petit édifice maçonné était érigé à cet endroit.

Tombes

Le sarcophage : taillé dans du calcaire jurassique. La tombe maçonnée de style gallo-romain, construite en pierres calcaires et tuiles romaines. Elle contenait le squelette ( qui s’y trouve encore ) et les pieds de celui-ci reposaient sur les ossements de cinq autres individus. Les dépôts funéraires recueillis sur cette dernière inhumation : un tesson carolingien, une boucle de ceinture de fer, un denier de Charles le Chauve frappé vers 840 à STRASBOURG.

Le caisson de pierre : la tombe contenait le squelette du premier défunt et également les restes d’ossements de trente squelettes. Cette tombe servait probablement d’ossuaire.

D’autres tombes en pleine terre ont été également découvertes. L’existence de ces dernières et de tombes somptuaires ( décrites plus haut ) révèle une différence de rang social entre les personnes qui ont été inhumées à cet endroit. Dans cette enceinte se trouve également un morceau de baptistère provenant probablement de l’église de la phase 4.

Choeur

A droite deux ouvertures :

la plus grande pourrait avoir été “l’armorium” servant au rangement des objets du culte avant la construction de la sacristie.
La plus petite a pu servir de crédence (endroit où l’on dépose les burettes).

A gauche au-dessus de la porte de la sacristie :

Fenêtre d’origine (était un peu plus haute).
La surface blanche sans fresque était l’emplacement de la custode.

Fresques

Il y avait deux couches de fresques dans le chœur :

De la première, il ne reste que quelques vestiges.
La deuxième date de 1350 environ… Son auteur a fait preuve d’un grand talent et d’une grande finesse si on observe l’allure des corps et le tracé des visages. C’est en somme une bande dessinée retraçant des scènes de l’ancien mais essentiellement du nouveau testament pour l’instruction de la population qui est analphabète. Des fresques semblables existent encore dans d’autres églises D’ALSACE et de la SUISSE voisine.

Constructeur

Comme il est d’usage en ce temps :

La tour avec le chœur a été construite par le décimateur du lieu, ici l’abbaye de MURBACH (près de GUEBWILLER). La nef est généralement construite par la population.

Sources : Plaquette : Découvrir le Sundgau : OLTINGUE ( en vente au “musée paysan”) rédigée PAR R. SCHWEITZER, Jean ZIMMERMANN, Isabelle RUETSCH, G. MUNCH, éditée par la SOCIETE D’HISTOIRE SUNDGAUVIENNE sous la direction de Mme G. CLAERRSTAMM.

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