Énigme du blason

L’énigme du blason d’Oltingue pourquoi porte-t-il la lettre B ?

Les héraldistes du roi ont lu B là où il y avait un G

La plus ancienne représentation des armoiries du village d’Oltingue se trouve dans l’Armorial général. Ce grand recueil remonte à Louis XIV qui ordonna sa confection en 1696. Officiellement le roi se proposait par cette mesure de mettre un ordre définitif en cette matière. En fait il s’agissait de procurer de nouvelles rentrées aux caisses de l’État : toutes les personnes physiques ou morales, en possession d’armoiries ou désireuses d’en avoir, devaient les faire enregistrer en payant une somme fixée par tarif.

Les collectivités et les individus, obéissant à la volonté du roi, envoyaient alors un dessin. S’ils refusaient ou négligeaient de le faire, le bureau d’enregistrement leur attribuait d’office des armoiries. Ainsi des centaines de communautés ont été gratifiées dans certaines régions de France, d’armoiries en séries. Pour l’Alsace, les travaux étaient terminés en 1704.

L’Armorial général

La communauté des gens d’Oltinguen Dargt a une demie roue de Ste Catherine de gueules, adextrée de la lettre O. de sable et senestrée de la lettre B. de même.” Ces armoiries (roue de supplice dite de sainte Catherine, avec des crochets sur sa périphérie) rappellent la chapelle Sainte-Catherine, mentionnée pour la première fois en 1286. Elle était située à l’intérieur du château, Rosenhof ( emplacement actuelle : 15, rue des roses ) tout près de la porte d’entrée et de la tour d’angle, nord-est. Jusqu’à présent, on admettait que le O, était la lettre initiale de Oltingue.

Ce qui est normal et en conformité avec l’ensemble des blasons de France. En revanche, la présence du B a fait l’objet de spéculations et d’hypothèses les plus extravagantes. Jusqu’à dire que ce B, serait celui de Bouxwiller, mairie ou “Meiertum” autrichien dont dépendait Oltingue. Mais Fislis aussi fut siège de mairie, alternativement avec Bouxwiller. Et on voit mal la communauté d’Oltingue, la plus importante de la seigneurie de Ferrette, qui contribuait au tiers des revenus de celle-ci, faire figurer la lettre B d’une petite communauté du bailliage, fût-elle de temps en temps, siège du “Meiertum.”

A fortiori, à l’époque française (1700) où cette division administrative a perdu sa signification depuis 50 ans. Lutter (Lutra) qui a formé avec Oltingue, une seule et même seigneurie, puis une seule paroisse, pendant plusieurs siècles, s’imposerait alors plus logiquement. Mais les deux lettres posées sur les blasons, qu’ils soient alsaciens, lorrains ou autres, se réfèrent toujours à une seule localité.

C’est une règle absolue que l’on comprend aisément en 1700. Exemples voisins : Bettlach, BL ; Fislis, FL. Cette règle que l’on observe particulièrement dans le Sundgau est d’une simplicité enfantine. On prend à peu près dans tous les cas sauf nom composé la première lettre du mot (ou du radical), le O pour Oltingue, et l’on fait appel ensuite à l’une des lettres “force” qui restent.
Dans la majorité des cas, c’est la première lettre de la désinence. Sinon on choisit au hasard, un peu selon l’humeur du moment.

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